TERMES DE REFERENCES POUR LE RECRUTEMENT D’UNE MAISON DE CONSULTANCE
INTERNATIONALE POUR LA CONDUITE DE L’ETUDE DE BASE DU PROJET PSSD II
I. Introduction
– Contexte et Justification
Le Centre International de Développement des Engrais (IFDC) a été créé en 1974 dans l’Etat américain de
l’Alabama en tant qu’organisation indépendante à but non lucratif. Depuis sa création, l’organisation a joué
un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire mondiale, la réduction de la faim et de la pauvreté, la protection
de l’environnement et la promotion du développement économique et de l’autosuffisance.
L’IFDC a commencé à mettre en œuvre des activités au Burundi en 2006, en se concentrant sur la fertilité des
sols, la gestion des terres, le développement du secteur des semences, l’accès aux marchés et le
développement de la chaîne de valeur.
A travers ses actions au Burundi (2006-2024), IFDC a permis l’augmentation de la productivité et la
production agricole faisant suite à l’amélioration de la gestion des exploitations agricoles et à
l’amélioration de la disponibilité et accessibilité aux intrants agricoles de bonne qualité.
Malgré ces résultats atteints, des efforts restent à déployer pour assurer la sécurité alimentaire et
nutritionnelle de la population burundaise. En effet, la production agricole n’assure que 65% des besoins
alimentaires, ce qui se traduit par une dépendance du pays vis-à-vis des importations des produits
alimentaires. Le prix des denrées alimentaires de base est en augmentation continue, portant l’inflation
alimentaire à 35,8% en juillet 2023 contre 24.5% en juillet 2022 selon la Banque Mondiale (2022). En
2022, plus de 44% des ménages étaient en insécurité alimentaire dont 10% en situation d’insécurité
alimentaire élevée et 26% de la population analysée étaient en phase de stress (MINEAGRIE et FAO,
2022). Sur le plan nutritionnel, la malnutrition aigüe globale était de 2.7% et la malnutrition chronique
était de 57% (ISTEEBU, 2022).
La problématique de faible productivité agricole et de faibles revenus, repose essentiellement sur les
questions (1) de dégradation des sols et de leur fertilité ; et (2) de faible accès aux services agricoles de
qualité (informations, formations, financement, accès aux intrants de qualité, accès aux infrastructures
adaptées et accès à un marché rémunérateur).
Au vu des défis ci haut cités, il est évident que le Gouvernement du Burundi et ses partenaires au
Développement fournissent davantage des efforts pour inverser cette tendance. IFDC étant l’un de ses
partenaires contribuent aujourd’hui à l’amélioration de la fertilité des sols à travers le projet PAGRIS
qui clôture avec juin 2025 et l’amélioration de la disponibilité et accessibilité aux semences
certifiées à travers le PSSD qui aujourd’hui a clôturé sa 1ère phase au 30 juin 2024 et a démarrés sa 2ème
phase, pour une période de 2,5 ans, avec juillet 2024.
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Le PSSDII étant dans sa phase de démarrage, une étude de base pour avoir des indicateurs et
informations de base afin de développer des stratégies et actions de sa mise en œuvre afin d’atteindre les
résultats et impacts attendus est de rigueur.
– Le Projet de Développement du Secteur Semencier Privé phase 2 (PSSD II)
Financé par l’Ambassade des Royaumes des Pays Bas au Burundi, le Projet de Développement du Secteur
Privé des Semences (PSSD II) est une prolongation du PSSD I mis en œuvre depuis novembre 2018 jusque
juin 2024.
Au cours de l’exécution de la 1ère phase, des résultats satisfaisants conduisant au changement positif en
termes d’adoption et de l’utilisation des semences certifiées par les ménages agricoles ont été atteint grâce
aux stratégies et approches de mise en œuvre et des recherche menées sur de nouvelles variétés plus
performantes introduites. Avec cette 1ère phase, 335 850 sur 178 000 ménages prévus au début du projet ont
eu accès aux semences de qualité certifiée et représentant environ 15% du total des ménages burundais.
Signalons qu’avant ce projet, le nombre de ménages ayant accès aux semences de qualité était estimé à 5%.
Sur base de ces performances, IFDC Burundi vient de signer une deuxième phase de ce projet permettant
une mise à l’échelle des activités de la 1ère phase en cheminant vers une industrie semencière, un secteur des
semences plus durable et plus compétitif ; capable d’innover soutenu par un environnement réglementaire
favorable et un secteur privé dynamique et viable.
IFDC, à travers cette 2ème phase qui va durer 2.5 ans (juillet 2024 à décembre 2026) s’est donné comme
objectif global d’atteindre 266 447 nouveaux ménages (dont 50 % sont des femmes et 30 % des jeunes) qui
ont accès et utilisent les semences certifiées. Parmi ces derniers, 150 000 ménages améliorent
progressivement le niveau de productivité de leurs exploitations et 80 000 ménages agricoles doublent la
productivité et les revenus.
Ces résultats seront atteints en mettant en œuvre des activités décrites dans le cadre des résultats à travers 4
composantes ci-dessous :
– Mise à l’échelle et industrialisation du secteur privé semencier ;
– Amélioration de l’environnement favorable des affaires ;
– Amélioration de la résilience des ménages et du système de marché des semences ;
– Collaboration avec les autres projets qui opèrent dans le domaine agricole plus particulièrement
celles alignés sur le maillot de la demande des semences
En plus des 3 cultures de la 1ère phase du PSSD I (pomme de terre, maïs et haricot). PSSD II va assurer la
disponibilité et l’accès des semences aux ménages d’autres cultures comme les légumes, le manioc et le
tournesol.
Pour parvenir à ce nouvel élan et atteindre les résultats escomptés mais également dans le souci de suivre et
d’avoir une base d’évaluation de la pertinence, l’efficacité, l’efficience et impacts du projet, il est si
important de planifier les activités en se référant sur des évidences reflétant la situation actuelle des
indicateurs objectivement vérifiables ainsi que la situation actuelle du secteur des semences et de ses
différentes parties prenantes.
C’est dans cette perspective qu’IFDC envisage réaliser une étude de base qui servira comme référence pour
l’élaboration de la stratégie d’intervention et les évaluations futures (évaluation à mi-parcours et évaluation
finale) dans le but de mesurer les progrès des réalisations et résultats pendant et après la mise en œuvre de ce
projet afin de fournir des recommandations pour l’atteinte des résultats et guider la formulation des projets
ou programme futurs.
II. Objectifs et résultats attendus de l’étude de base
– Objectifs de l’étude
L’objectif global de l’étude est d’avoir la situation de référence des indicateurs objectivement vérifiables de
suivi évaluation avant le démarrage du projet.
En plus cet objectif global, les objectifs spécifiques suivants sont à prendre en compte lors de cette étude de
base.
Evaluer les besoins des ménages agricoles en semences ainsi que les déterminants du niveau de cette
demande pour chaque culture qui intéresse le projet (analyse de la demande).
Evaluer le niveau de l’offre actuelle en semences en mettant un accent particulier sur les contraintes
et les goulots d’étranglement de la disponibilité et d’accès des ménages aux semences certifiées
pour chaque culture qui intéresse le projet (analyse de l’offre).
Analyser les forces et faiblesses des services du Ministère de l’Environnent, de l’Agriculture et de
l’Elevage dans le développement du secteur semencier axé sur le développement du secteur privé
des semences afin d’assurer la durabilité du secteur privé des semences,
Analyser les synergies possibles et les chevauchements avec les intervenants dans le même secteur
d’activité et formuler des recommandations eu égard aux résultats d’analyse. Les résultats de cette
analyse permettront de bien définir la stratégie d’intervention et une série d’activités/actions
permettant d’atteindre les résultats et impacts du projet.
Proposer ou définir les cibles en se basant sur la situation actuelle des besoins en semences pour
chaque culture. En cas de besoin, faire une analyse critique sur le cadre des résultats.
– Résultats attendus
Des objectifs de la mission de consultance, les résultats suivants sont attendus :
Le cadre des résultats et les cibles à atteindre pour chaque indicateur sont revus/ mis à jour
Le niveau actuel et les contraintes de la demande en semences certifiées pour les cultures du projet
est identifié et connu ;
Le niveau actuel et les contraintes de l’offre en semences certifiées est connu ;
Les forces et faibles des services du Ministère de l’Environnent, de l’Agriculture et de l’Elevage
dans le développement du secteur semencier axé sur le développement du secteur privé des
semences sont connues
Des voies de mise en place d’une industrie semencière au Burundi sont proposées ;
Des recommandations sur les activités/actions à mener pour l’atteinte des résultats et impacts sont
formulées.
III. Méthodologie de l’étude
Sans être contraignante, l’attributaire du marché accomplira sa mission en se référant aux étapes et à la
méthodologie suivantes :
Echanges avec le commanditaire du travail et avec le bailleur et plus particulièrement le responsable
du volet « sécurité alimentaire et nutritionnelle » à l’Ambassade de Royaume des Pays-Bas pour se
fixer sur les attentes et résultats de l’étude ;
Etude documentaire : consultation du document du projet PSSD II et d’autres documents de projets
qu’IFDC a déjà exécuté en matière des semences (rapports ISSD, rapports PSSD I).
Elaboration et présentation d’une note méthodologique. A cette étape, sans être trop exhaustif, le
consultant doit présenter une méthodologie détaillée assortie d’un chronogramme des activités. La
note méthodologique doit être précise sur le type d’étude à prendre en considération (qualitative,
quantitative, qualitative et quantitative), les outils de collecte des données/informations,
échantillonnage, chronogramme détaillé d’exécution des travaux, les informateurs clés, la
méthodologie d’échantillonnage et la taille de l’échantillon en cas d’une étude quantitative, les
logiciels de collecte des données, le personnel à mettre en contribution, etc….
Conduite de l’étude. L’étude proprement dite se référera à la note méthodologique convenue avec
le commanditaire de l’étude. Ainsi, la population cible pour cette étude est composée par toutes les
parties prenantes qui interviennent dans le développement du système de marché des semences.
Sans être exhaustif, il s’agit de :
– différents intervenants dans la demande des semences (les ménages agricoles, les
coopératives à vocation agricole, les organisations non gouvernementales, les projets qui
interviennent dans le domaine agricole, les multiplicateurs des semences, etc…)
– différents intervenants dans l’offre des semences (multiplicateurs/entreprises semenciers, le
collectif des producteurs des semences (COPROSEBU), les institutions de recherche,
l’organisation des producteurs semenciers) ;
– Les services de soutien (Entretien avec différents services du MINEAGRI : ISABU,
ONCCS, DPFAPFNL et BPEAE, les autres services d’intermédiations dans le secteur de
production et commercialisation des semences
Traitement des données et rédaction du rapport ;
Présentation du rapport provisoire et du rapport définitif
IV. Les livrables
La Mission en charge de l’étude de référence doit produire les documents suivants :
Une note de démarrage comprenant les éléments suivants :
La méthodologie et les outils de collecte des données,
Le plan d’analyse des données ;
Le plan de rédaction du rapport
Un rapport provisoire et final de l’étude de référence comprenant les éléments non exhaustifs
suivants :
état des lieux des principaux indicateurs de suivi évaluation du projet ;
le niveau de l’offre et de la demande des semences
les goulots d’étranglement de la disponibilité et d’accès des ménages aux semences de
qualité ;
les circuits de distribution et commercialisation des semences de qualités ;
Les synergies possibles et les chevauchements avec les intervenants dans le même secteur
d’activité
Challengers auxquels le projet doit faire face et les stratégies de sortie à envisager.
Une matrice de suivi évaluation renseignée avec les valeurs de base ;
V. Composition et Profil des membres de la maison de consultance internationale
La maison de consultance comprendra au moins le personnel suivant :
Un chef de mission international ayant la formation et les qualifications suivantes :
Formation universitaire de niveau maîtrise au minimum dans le domaine des sciences
agronomiques, avec une spécialisation en développement des systèmes de marché ;
Au moins 7 ans d’expérience dans l’exécution et la conduite des études de base des
projets de développement agricole intégrant les aspects de développement des marchés;
Expérience d’au moins 5 ans dans la formulation des projets agricoles y compris la
formulation des plans de suivi évaluation pour permettre au projet de mesurer l’atteinte
des performances au moment opportun (métadonnées des indicateurs, formulation des
cibles annuelles, périodicité de collecte des données, personnes responsables de la
collecte, proposition des études ou autres outils permettant le suivi et l’évaluation du
projet, …)
Connaissance avérée du contexte institutionnel et de la mise en œuvre des politiques
agricoles au Burundi ;
Expérience en matière de l’évaluation qualitative et quantitative des projets ;
Bonne connaissance des aspects genres avec expérience confirmée dans les études
d’évaluation des projets ;
Expérience de travail avec au moins 3 organisations non gouvernementales
internationales ;
Esprit analytique et critique ;
Parfaite connaissance de la langue française, connaissance d’anglais serait un atout.
Un économiste ou agroéconomiste national de formation et qualifications suivantes :
Formation universitaire, avec niveau master en agroéconomie, ou économie rurale ;
Au moins 7 ans d’expérience dans le contexte de projets de développement rural et dans
le développement des systèmes de marché ;
Avoir une expérience d’au moins 5 ans dans la conduite des études d’impacts
socioéconomiques ;
Connaissance avérée du conteste institutionnel et de la mise en œuvre des politiques
agricoles au Burundi ;
Très bonne connaissance de la langue française parlée et écrite, connaissance de
l’anglais serait un atout ;
Remarquables capacités de rédaction ;
Capacité de travailler en équipe, en facilitant le dialogue entre acteurs impliqués.
Un statisticien de niveau maîtrise au minimum et d’une expérience d’au moins 5 ans dans
l’exécution des études une fois les 2 premiers profils aucun d’eux n’a une formation ou expérience
dans le domaine statistique.
Autre profil que le consultant jugera nécessaire d’aligner pour bien mener au bon port le travail lui
assigné
VI. Calendrier provisoire
La durée indicative de la mission est de 30 jours ouvrable selon le détail ci-dessous :
Activité
|
Nombre de
jours |
Echanges avec le commanditaire de l’étude et le bailleur + étude documentaire |
3 |
Elaboration et validation de la note méthodologique de l’étude et des outils de collecte des données |
5 |
Conduite de l’étude proprement dite |
15 |
Analyse et Rédaction du Rapport de l’étude |
5 |
Présentation du rapport provisoire |
1 |
Intégration des observations et soumission du rapport final |
1 |
VII. Présentation, évaluation et dépôt des offres
– Présentation des offres
IX.1. Offre Technique
L’offre technique comprendra les éléments suivants :
Un document sous format PDF décrivant l’approche méthodologique de conduite de l’étude de
base, la compréhension du mandat et le chronogramme des activités ;
CV détaillés des consultants alignés pour cette étude ;
Diplômes certifiés conformes à l’original des consultants alignés pour cette étude ;
Attestations, références et contacts professionnelles pour les études similaires
Documents attestant le statut juridique de la maison de consultance
L’adresse physique et électronique de la maison de consultance
IX.2. Offre financière
L’offre financière doit être plus détaillé que possible intégrant les membres de l’équipe ainsi que leur période
d’intervention sur base du chronogramme des activités. Elle doit tenir compte aussi des taxes & impôts
applicables.
– Analyse des offres
Le dépouillement des dossiers de candidature se fera par une commission nommée par le Directeur pays.
L’évaluation des propositions se déroule en deux temps. Dans un 1er temps, la commission nommée
procédera à l’évaluation de la proposition technique. La proposition financière ne sera faite que pour les
soumissions qui auront reçu la note technique de 70% sur un score total maximum de 100 points pour ce qui
est de l’évaluation des propositions techniques. Ci-dessous la proposition des critères d’évaluation technique:
Critères |
Scores/100 |
i) Qualifications et expériences du consultant et de son équipe
1° Diplôme consultant principal
2° Diplômes et qualifications d’autres consultants alignés
3° Expérience Générale |
20 |
5 |
5 |
10 |
ii) Compréhension des termes de référence et méthodologies
1° Compréhension des termes de référence, revue critique et recommandations
2° Méthodologie proposée et Chronogramme d’exécution de la mission |
50 |
15 |
35 |
iii) Expérience spécifique dans le domaine
1° Expérience spécifique dans le domaine (sur la base des études réalisées)
2° Expérience et connaissance de la zone d’étude (le Burundi) |
30 |
20 |
10 |
Toutefois, la commission mise en place a le droit d’ajouter d’autres critères d’évaluation de l’offre technique
qu’elle juge pertinents et qui peuvent amener une valeur ajoutée quant à la sélection d’un bon candidat
A la deuxième étape, les offres financières de tous les prestataires ayant obtenu la note technique minimale
de 70% lors de l’évaluation technique seront comparées.
La proposition financière la moins-disante recevra une note financière de 100 points. La formule à utiliser
pour le calcul de la note financière sera la suivante : Note financière = 100 x prix de l’offre la moins
chère/Prix de l’offre considérée.
Le choix de l’offre économiquement la plus avantageuse résultera d’une pondération de la qualité technique
et du prix des offres selon une clé de répartition de 70/30.
La note globale de l’offre = 70% x note technique + 30 % x note financière. L’offre qui se voit attribuer le
plus des points par l’addition des points issus de l’offre technique et ceux obtenus à partir de l’offre
financière ainsi calculée est déclarée attributaire du marché.
Au cas où aucune des propositions techniques n’aura atteint le score minimum technique, le commanditaire
se réserve le droit de négocier et signer un contrat avec le consultant ayant obtenu le score technique le plus
élevé.
– Dépôt des offres
Les dossiers de candidature portant la mention « offre technique et financière pour l’étude de référence
du PSSD II » sont à envoyer dans un seul fichier PDF à l’adresse électronique :
ifdcburundi@ifdc.org avec
La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 09/12/2024 à 17h00 heure de Bujumbura.
Les dossiers déposés après les dates et heures indiquées ne feront pas objet d’analyse.
Fait à Bujumbura, le 25/11/2024
Préparé par :
BIZABITYO Déogratias
MELS spécialiste
Approuvé par :
BUHANZA Gilbert